Métamorphoses
Masques de la classe Segpa du collège Paul Eluard

Le masque est-il un objet documentaire ? Pour nous, la réponse est évidemment oui. Parce que l'imagination renseigne le réel. Parce qu'à 12 ou 13 ans, la parole ne s'envole plus aussi librement que durant l'enfance et commence à faire des noeuds qui la retiennent et l'empêchent. Parce qu'on peut confier sans honte à quelques morceaux de cartons assemblés entre eux ses passions, ses tourments, son ennui, sa tristesse, son humour, ses peurs, ses désirs, ses fantasmes... Il y a une forme brute, absurde, drôle ou inquiétante dans la manière dont un masque vient au jour. C'est comme un poème automatique ou un rêve : ça jaillit et ça déborde. Il ne faut pas trop interpréter. Garder de ce témoignage l'énergie première et la puissance du trouble.